Mozart s'est-il contenté de naître ?

Délocalisations

              

Dans une émission télévisée diffusée le 29 septembre 2020, Caroline Roux interroge Bruno Lemaire sur les relocalisations et notre ministre des finances indique sans vergogne que la responsabilité des délocalisations vient des actionnaires qui veulent augmenter leurs dividendes en faisant fabriquer dans des pays à bas coûts. Incompétence ou cynisme ?

Le coût trop élevé de notre travail (en partie imputable au 35 heures) a provoqué les délocalisations sans lesquelles toute notre industrie aurait disparue. Ni Renault, ni Peugeot, comme beaucoup d’industriels, n’existeraient aujourd’hui s’ils n’avaient pas créé des établissements à l’étranger pour y transférer une partie de leur production.

Notre ministre le sait probablement, mais il n’a pas le courage de dire clairement que les délocalisations ont pour origine première le fait que les Français ne travaillent pas suffisamment.

Dans le même temps, le ministre veut réorienter l’épargne des Français vers les entreprises. Il s’agit encore d’un vœu pieux qui ne correspond à aucune réalité économique. L’épargne est orientée vers l’investissement via le système bancaire qui arbitre en fonction du jugement qu’il porte sur les projets des entrepreneurs. Imaginer que les Français individuels ont la capacité de faire ce travail mieux que les banques est un mensonge. Si certains ont cette capacité, ils le font déjà, mais pour la majorité il est plus rationnel que cela passe par les professionnels, sauf si par cynisme, on espère que, à l’exemple de l’Etat,  les Français feront semblant de faire tourner l'économie en mettant leur épargne dans des investissements qui n’apporteront aucun retour.

Critiquer les actionnaires et demander aux Français de le devenir, notre ministre adepte du « en même temps » présidentiel en devient totalement illisible. Il annonce enfin qu’il va mettre de l’argent pour relocaliser, mais une fois de plus cette dépense ne servira à rien si ne sont pas réglées les causes profondes des délocalisations.

A noter à contrario, dans la même émission, la franchise rafraichissante du patron de Peugeot indiquant son inquiétude en tant que citoyen devant le coût gigantesque des mesures en faveur des voitures électriques et  sa détermination en tant qu’industriel à en profiter pour le développement de l’entreprise. Il montre que quand on a les idées claires, le « en même temps » est jouable.

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